
Le guide complet du coton
Le coton est une vieille histoire pour les Terriens que nous sommes ! Il existait déjà 6000 ans avant J.C.
On trouve sa trace au Pakistan, dans la vallée de l’Indus très exactement. Il est également présent au Mexique en 3500 avant J.C., dans la vallée du Tehaucan. Christophe Colomb voit les Indiens en porter dans les îles Barbades. Pizzaro le découvre au Mexique, Venezuela, Colombie, Pérou. Au XVIIIe siècle, il commence à être cultivé en Amérique du Nord, et, de là, débarque en 1747 en Angleterre. Si ce premier voyage est modeste (sept sacs venant de New York), le vieux continent adopte vite cette nouvelle fibre. Six ans plus tard, la production du coton de Caroline est cotée pour la première fois à la bourse de Londres.
Récolte et traitement exigent un travail manuel considérable, exécuté par des esclaves. La mécanisation favorise son développement. En 1767, James Hargraves invente la première machine à filer comprenant plusieurs fuseaux, la Spinning Jenny (sa fille s’appelait Jenny). C’est le début de la révolution industrielle en Europe. En 1785 Edmund Cartwright invente le premier métier à tisser mécanique. C’est ensuite un Français, Lucien Langénieux qui créé le métier à tisser automatique à quatre couleurs en 1907. Une prouesse.
De la graine à la récolte, jusqu’à la fibre, l’huile, les protéines…
Le cotonnier est une plante qui appartient à la famille des Malvacées. Après la floraison, son fruit (une capsule contenant 20 à 50 graines) s’ouvre à maturité. Chaque graine est entourée de 5000 à 10000 duvets et d’environ 10000 fibres, excroissances de l’épiderme de la graine. On récolte le coton-graine, qui est ensuite séparé en fibres (32 à 44 % de la production) et graines (55 à 65 %). La fibre est utilisée, suivant sa longueur, en filature peignée, en filature cardée ou en ouaterie. La graine, de son côté, fournit : de l’huile (environ 18 % de son poids en huile raffinée) à usage alimentaire ; des protéines (environ 17 % du poids de la graine) le plus souvent destinées jusqu’à maintenant à l’alimentation du bétail (tourteaux), mais de plus en plus dans l’avenir à l’alimentation humaine (farine et dérivés) grâce à l’utilisation de variétés sans glandes à gossypol. Le duvet ou « linter » (8 %) sert pour des textiles grossiers, en ouaterie, ou dans l’industrie de la cellulose.
Quatre espèces et pas une de plus
Quelle que soit la marque et la qualité de la chemise en coton naturel que vous portez, il ne peut être issu que de l’une des quatre espèces cultivées : le Gossypium hirsutum, d’Amérique ; une espèce à fibres intermédiaires représentant environ 90 % de la production mondiale actuelle, mesurant de 80 centimètres à 2 mètres, il donne des fibres de 25 à 32 mm. Celles du Gossypium barbadense (d’origine peruvienne, 5 % des cotonniers cultivés et 3 % du coton commercialisé dans le monde) sont plus longues 35 à 45 mm, et fines. Les moins longues : Gossypium arboreum Gossypium herbaceum avec des fibres 20 à 25 mm, un coton indien à fibres épaisses dont l’utilisation est cantonnée à la fabrication de la ouate).
L’Egypte et les Etats-Unis, producteurs du meilleur coton le plus adapté à la fabrication de chemises
Ces quatre espèces engendrent trois longueurs de fibres de coton. La fibre courte, d’abord, (coton courte-soie), ayant une longueur moyenne de 2,9 centimètres. La fibre longue ensuite (coton à longue soie) avec une longueur moyenne de 3,2 centimètres.
La fibre extra-longue, enfin, (Extra-long-staple, dite ELS) a une longueur supérieure à 3,5 centimètres. Certaines atteignent 5 centimètres. Ce coton de l’espèce Gossypium barbadense, représente 3 % de la production mondiale. Les tissus les plus fins (c’est-à-dire dont le numéro du fil est le plus élevé) ne peuvent être tissés qu’à partir des fils ELS, qui sont les plus longs, fins et doux de tous.
On évoque généralement le coton égyptien en référence au coton ELS, que les fabricants de tissus de luxe privilégient. Ce coton ne représente cependant que 1 % de la production mondiale. N’allez pas en déduire que 100% du coton égyptien est ELS. Seul le quart de la production est concerné.
Gossypium barbadense pousse également aux Etats-Unis, où il produit un coton ELS nommé Pima. Le label Supima atteste de la qualité de ce coton. Contrairement aux idées reçues, le meilleur coton américain ne vient pas du sud-est du pays, mais de Californie située à l’ouest, et d’autres états. Ceci depuis une épidémie de charançons dans les années 1920, qui a décimé une grande partie des plants. Le coton Sea Island historique (provenant en particulier des îles James, Edisto, John et Wadmalaw proches de la côte de Georgie, ainsi que des Caraïbes) a ainsi en grande partie disparu. Le tissu Sea Island de votre chemise vient donc probablement de Californie, d’Arizona, du Nouveau Mexique ou du Texas