
La cravate, principal accessoire de la chemise
Ses ventes ont baissé de 50% en France depuis une dizaine d’années. Il faut dire qu’elle était tellement portée au début des années 2000 que l’on s’est lassé. La cravate est pourtant l’accessoire le plus important du look masculin. Celle qui donne un style, un plus. Certaines professions (avocats, cadres…) continuent de la porter chaque jour, mais notre époque a démontré que l’on peut avoir de lourdes responsabilités et ne jamais en porter, à l’instar de Steve Jobs, le mythique patron d’Apple, ou de Richard Branson (Virgin).
En France, Geoffroy Roux de Bézieux dirige Virgin et l’Unedic sans jamais en arborer. Il est pourtant de la même génération que l’homme d’affaires Arnaud Lagardère qui, lui, ne manque jamais d’en porter. On observe que les étoiles du sport et du cinéma l’adoptent de plus en plus systématiquement.
Les joueurs de l’équipe de France de football sont priés de la porter lorsqu’ils revêtent la tenue officielle des Bleus. Idem pour les joueurs de l’Olympique Lyonnais lorsqu’ils sont en déplacement. Le « dress-code » du foot évolue, et celui du cinéma soigne sa réputation. De Tom Cruise à George Clooney, la cravate est partout ! Normal, pour des Américains. En effet, l’accessoire a été inventé dans leur pays, à la fin du XIXe siècle. La cravate a d’abord existé sous la forme d’un foulard noué plusieurs fois autour du cou, avant de devenir ce morceau d’étoffe de six à neuf centimètres de large, la plupart du temps en soie.
L’un des champions du monde de la cravate est français. Il s’appelle Hermès, et fabrique des modèles dont les motifs sont le plus souvent imprimés, et parfois tissés. La maison de la rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris a beaucoup œuvré pour que cet accessoire soit à la mode, créant des collections aux motifs les plus inattendus, les plus créatifs, qui ne sont plus vraiment dans l’air du temps. Le port de la cravate aujourd’hui est surtout associé au ton unique. Les motifs, « cachemire », les thèmes (animaux et autres automobiles stylisées), les rayures (façon club, un style inventé par les Anglais d’Oxford en 1880), les pois, petits ou grands, n’ont plus tellement la côte… Jusqu’à la prochaine fois !
Voilà pourquoi il faut toujours garder en mémoire les règles d’or des accords chemises-cravates. Si la première est fantaisie, la seconde doit être sobre. Et vice versa. Par exemple, si vous portez une chemise violette à carreaux, vous éviterez une cravate rouge à pois ou à rayures. Le ton sur ton a le vent en poupe : du rose sur rose pour le ministre Eric Besson, au noir sur noir du présentateur Harry Roselmack. Sachant que la référence reste la chemise blanche et la cravate sombre, noire de préférence, que James Bond porte invariablement depuis sa naissance en 1953. Preuve que si les coupes évoluent, les codes de l’élégance, eux, bougent finalement assez peu.