
Académie de la chemise: le style friday wear
C’est une invention américaine. Le « friday wear », ou, littéralement, « tenue du vendredi », a été inventé dans les années 50 sur la côte Est des Etats-Unis. Les cadres, les avocats, les gens travaillant habituellement en costume-cravate pouvaient, ce jour-là, venir au bureau en tenue décontractée dite « friday wear ». Enfin, décontracté : la veste restait vivement recommandée mais la cravate ardemment interdite. Chaussures : Penny Loafers de rigueur, ces mocassins habituellement bordeaux foncé.
Des plus grands cabinets d’avocats aux sociétés cotées à Wall Street telle Ford ou IBM, personne ne dérogeait à la règle. On dit même que le personnel de la Maison Blanche à Washington avait toute latitude pour adopter ce code vestimentaire. L’influence américaine n’ayant, à cette époque, pas de limite, la pratique a vite fait de se répandre d’autant que les marques de vêtements américaines, voulant s’implanter dans les pays, ne se sont pas privées de faire connaître cette bonne pratique. La plupart des pays européens ont embrayé le pas. La France n’y a pas échappé. C’était surtout dans les années 80.
La vague française du friday wear a, peu ou prou, repris les codes américains. Un jean, un pantalon en velours ou en toile selon la saison, chemise à carreaux ou en oxford, voire des rayures débridées ou un modèle multicolore, un pull si nécessaire et une veste, même si elle n’a pas en France l’importance que lui attribuent les Américains. Chaussures : mocassins (Weston par exemple) ou carrément des Converse, acceptées dans ce genre de situation.
Puis cela a changé. Au fil des années, l’amour porté à cette tenue, ajouté à l’évolution des codes vestimentaires, le Friday est devenu Monday, Tuesday, Wednesday, bref, quotidien ! La différence autrefois bien marquée entre la tenue de fin de semaine et celle des autres jours a plus ou moins disparu selon les métiers, surtout ceux de la création. Le cinéaste Luc Besson, par exemple, est en friday wear, à sa manière, chaque jour de la semaine. Les animateurs de télévision le sont aussi la plupart du temps, ne portant une tenue plus formelle que quand ils y sont vraiment obligés.