
Combien faut-il avoir de chemises dans sa garde-robe ?
La question est délicate ! Partons du minimum, qui est le nombre de jours dans une semaine : sept. Pas moins de sept, donc. Ce qui est même insuffisant. Changer de chemise au moins une fois dans la journée est de plus en plus courant. Un dîner, un cocktail et hop, on en profite pour en passer une propre, bien repassée. Un bonheur.
Votre patrimoine de chemises, d’un coup, double, il passe à quatorze. C’est mieux. Avec cela, vous traversez une saison sans vous poser de questions. Cette base peut être constituée de deux tiers de modèles classiques, pouvant aussi bien être portés au bureau, et d’un tiers plutôt décontracté, excentrique, réservé aux sorties. Une telle base implique un circuit de lavage bien rôdé, elle signifie aussi un rapport à la mode et à la saisonnalité assez lointain.
Le chiffre idéal se situe selon nous à vingt. Avec vingt chemises, vous avez la certitude d’avoir une solide base permettant de faire face à toutes les situations, en particulier l’été où il arrive que l’on puisse avoir besoin d’en changer deux fois par jour ! Consacrez dans ce cas les deux tiers de votre cheptel à la base dite classique. Un subtil dosage de pièces unies (du blanc, du bleu ciel), de motifs (rayures, carreaux). N’hésitez pas à les acheter « semi-fitted », ce qui, derrière un aspect sobre, donnera une ligne moderne (c’est ce que fait Bertrand Delanoë, le maire de Paris). Partagez le reste entre des chemises mode (noir et autres couleurs d’actualité comme le violet foncé), de modèles de week-end (couleurs flashy, imprimés improbables).
Certaines personnes aiment à n’avoir qu’un genre de chemises. L’écrivain-philosophe Bernard-Henri Levy ne porte que des chemises blanches, venant de chez Charvet paraît-il. Jamais rien d’autre. Les Men in Black au cinéma, comme le nom l’indique, ne portent que du noir. C’est un choix qui consiste à ne jamais à avoir se poser de questions, un peu comme Brice de Nice devant sa garde-robe exclusivement composée de T-shirts jaunes. :D
Enfin, d’autre personnes, passionnées par la chemise n’en ont que faire du nombre de chemises à avoir dans leur garde robe. Ils s’en procurent au gré de leur coup de coeur et s’affranchissent de la gestion stricte de leur garde-robe.
Dernier point qui a son importance : la gestion des « vieilles chemises ». Qu’est-ce qu’une vieille chemise ? Un modèle dont le col et les poignets sont un plus ou moins élimés. Tout est dans le dosage. Un modèle ainsi usé passe vite du statut de « mettable » à « in-mettable ». Qu’il est bon pourtant de remettre une vieillerie ayant vécu, traversé sur son dos telle ou telle aventure, bon moment. Une chemise, comme une musique, est un bon marqueur. C’est pourquoi il faut se poser la question deux fois plutôt qu’une avant de la jeter ou de la donner, voire la transformer en chiffon pour faire ses chaussures.